_| Tyler Hilton - Glad (acoustic) |
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_Il faisait beau. Le ciel etait d'un bleu eclatant qui laissait presager un bel été. Il etait temps que je sorte de là, j'avais attendu midi avec impatience et
le temps m'avait semblé s'etre arreter. Je descendais l'allée jusqu'a l'arret de bus avec ma chanson favorite en fond sonore et je souriais..
Je pensais a ce qu'ont avaient vecu lui et moi et a ce qu'ont auraient pû vivre encore
si nous avions agit autrement. Je revoyais des images de nous deux et je sentais encore ses mains glisser sur ma peau nue; un frisson me parcourais la nuque.
J'etais bien.
Il etait ce que j'avais de mieux puis il est partie. Il est
sortie de ma vie aussi simplement qu'il y est entré. Lorsque je dis
simplement je parle pour lui.
C'etait donc si facile d'
oublier..
Et plus je marchais, plus les images defilaient et s'entrechoquaient; c'etait un trop plein de souvenirs qui resteraient là malgré tout, malgré mes efforts pour
oublier,
ignorer, et
haïr.
C'est si dur de devoir haïr lorsqu'on veut aimer.
Ca allait rester là et me ronger un peu plus chaque jour mais je n'allais pas mourir, non. Ce serait trop facile que cela me tue.
Ces sentiments et ces souvenirs allaient m'epargner, mais me laisser juste assez envie pour que je puisse contempler le desastre autour.
Il m'a laissé juste assez pour survivre et trop peu pour m'enfuir.
Je continuais de marcher, puis
j'ai traversé.
Plus que dix metres a faire jusqu'a l'arret de bus, un arret de bus ou jamais personne ne m'attend, un bus qui allait m'emmener quelque part. J'habite
quelque part desormais. Puisque
chez moi ce n'est plus dans ses bras, puisque il me les a fermer. Alors je n'habite plus
nul part.
Il y avait mon frere dans ce bus. Il s'etait assit juste a coté de moi et m'avait ignoré, comme a l'ordinaire. Je n'ai rien dis; ca fait longtemps que
je ne dis plus rien; parler ne sert pas a grand chose finalement. Je scrutais la fenetre et plus loin des sirenes retentissaient, des voitures s'ecartaient pour laisser passer les secours. Je me suis levé et suis sortie; a ce moment là ce n'etait plus moi qui controlait mon corps. Il m'indiquait le chemin, il allait vers la foule en se frayant un passage. Mes yeux se sont posés sur ce corps inerte, sans vie, sur ce visage sans expression. Le mien.
J'etais là, allongé sur le sol,
plus bas que je n'aurais jamais pû l'etre,
plus morte que je n'aurais jamais pû l'imaginer; les cheveux trempés par la pluie qui commencait a tomber.
Je suis née un jour de pluie et je suis morte un jour de pluie, belle coincidence, non ?
J'etais tellement concentré dans mes pensées et avec tant de force que je n'ai pas ressenti le choc. Mes souvenirs etaient tellement pur et vivant, tellement ancré a cet instant precis que ces dix metres qu'il me restait a faire, hé bien je les ai fais.
Je ne vois pas d'autre explication.
Dans la foule j'ai reconnus son visage. Toujours aussi beau mais moins rayonnant qu'avant. Il s'etait approché, s'etait penché, et avait posé sa main sur ma joue. J'avais ressenti la chaleur et la douceur de sa peau qui glissait et redessinnait les traits de mon visage. Il n'avait jamais été plus beau qu'a cet instant.
Il parait qu'on est jamais aussi beau que lorsque on est triste.
Des gouttes roulaient le long de ses joues, ou etait ce peut etre des larmes ? Je suis resté longtemps là, a le regarder me
supplier de revenir. Mais je ne pouvais pas; j'essayais mais mon corps ne repondait plus. J'etais là,
incapable de bouger,
transparente au milieu de la foule, spectatrice de ma propre mort.
Spectatrice d'une scene a laquelle je m'etais cent fois essayé.
Mais dans chacune de ces scenes il y avait toujours une fin bourrée d'espoir a raz bord; toujours une porte, un echappatoir pour eviter de croiser ce sentiment que l'on redoute tant
dans ce couloir où l'on fuit.
Une fin heureuse, voila.
Hors ici ce n'etait pas le cas. Ou alors peut etre que ca l'etait mais que je ne l'avais pas remarqué..
Il etait en train de me demander de revenir, chose qu'
il n'a jamais avoué lorsque je tenais encore debout. Peut etre que l'echappatoir, le fil qui me ramenerait a moi,
vers ce corps inerte qui est allongé là et qui est le mien, le souffle qui pourrait
me faire revivre etait là; juste penché sur moi, sous la pluie et n'attendait qu'une chose.
Une seconde chance.
La bonne.
O0o°~> J'avais une autre fin, plus courte, et moins remplie d'espoir, c'etait la premiere que j'avais ecrite, puis elle m'avait semblé trop fade, trop
sans-espoir. C'etait juste ma rancoeur qui ecrivait, alors j'ai changé la fin, et j'ai laissé parlé cette autre chose avec laquelle j'ecris et qui ne m'a jamais trahi.
*En esperant qu'il plaira*
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Amelie Nothomb a ecrit:
On reve tous un jour ou l'autre de tuer la personne qu'on aime. ...
Juste pour avoir la satisfaction qu'elle aura été a nous, du debut a la fin, la sensation d'avoir été maitre de son destin, et decidé pour elle puisque tant qu'on aime, on sait ce qu'il y a de mieux pour la personne.
L'homme en face avait repondu: On ne tue pas la personne que l'on aime, au contraire on la regarde vivre.
Et lui avait simplement dit: J'ai revé de la tuer, juste pour avoir l'assurance qu'elle n'aura aimé que moi, que dans sa vie j'aurais été le seul a lui donner du plaisir, d'avoir partagé son lit, ses fous rires, et ses malheurs; qu'il n'y aurait personne d'autre qui viendrait marcher la ou j'ai été le premier a marcher et effacer les caresses que j'avais deposé sur sa peau.
Elle m'aimait, je le sais, et elle l'a prouvé puisque elle m'a tué lorsqu'elle est partie.
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