Octobre est passé tellement vite.Je m'en souviens. Voilà un an et je ne m'en suis toujours pas remise. Je regarde par la fenêtre et les couleurs vous ressemblent et les odeurs vous rappellent à moi. Je sens que c'est un mois nouveau de deuil qui se ferme sur mes tristes jours. Je tourne la page et je me rend compte que je vous ai bien trop écrit, peut être plus qu'il n'en faut pour raconter à son amant des journées aussi vide de sens que sont les miennes depuis que vous êtes parti. Je vois et pourtant je suis comme aveugle, les images ne restent que des images, elles ne font plus des films. Les sons ne sont que des lourds fracas sur le sol et ne font plus de douces mélodies. Et les mouvements; eux ne sont que trop lourds et prévisibles. Je ne vous parle même pas du toucher ! Quel horrible sens ! Quel horrible part de vie non comblée quand on sait qu'il a gouté à votre peau ! Et Dieu qu'Octobre se souvient d'elle. Elle manque à mon corps chaque nuit, et je rallonge mes journées par de longues marches, et mes semaines par de longs voyages pour espérer que les mois passeront plus vite avant que j'arrive à oublier qu'Octobre vous a arraché à moi; avant que j'oublie qu'une part de moi est morte cette nuit là. J'ai espéré la raviver en vous écrivant ces lignes mais je pense qu'au lieu de vous rescuciter j'ai fini par me tuer. Je suis si las, je vous attend, je me réveille chaque matin et j'ai l'espoir fou que vous serez allongé à mes cotés; tout a gardé l'odeur de votre paume : les draps, les coussins, même les miroirs vous rappellent à moi en dessinant les courbes de votre corps. Je me regarde et c'est vous que je vois.
Je pense que l'amour se nourrit du manque et que je suis bien assez rassasié. Je pense qu'il demande des concessions; qu'il veut qu'on y laisse bien plus que notre coeur. C'est un poison. Il veut votre coeur, ensuite il prend votre âme, et pour moins souffrir vous finissez par y laisser des marques sur votre corps. Parce que c'est le seul moyen de s'échapper et qu'il n'y a plus que cela qui parle après les mots. Je vous ai vu tant de fois me dire que j'étais bien sotte de croire en tout sauf en vous, finalement je ne crois plus en rien et me voilà seule dans le noir une autre nuit. Parce que le peu de fois que je vous croise, tous les endroits ressemblent à un bal masqué. Et chaque fois que vous reprenez vos traits pour me parler je vois la fatigue, l'ennui, le manque.
Mon ami, entendez bien que plus rien ne vous réunira à personne parce que vous n'avez plus confiance en vous. Tout ça est bien injuste pour moi qui n'ai fait que tendre la main pour aider. Où es mon âme et où va mon coeur ? L'avez vous simplement croisé une fois ? Parce que je me sens si seule que je me demande si je ne l'ai jamais que trop été. Rappelez vous quand vous etiez enfant, quand vous saviez que votre mère etait dans la pièce d'à coté mais que vous sentiez que le monde s'écroulait parce que l'endroit où vous vous trouviez était sombre et apeurant. Je vis là. Si vous me cherchez, je vis là. Dans cette endroit sombre et apeurant où vous avez passez vos jeunes années. J'attend, peut etre que l'innocence de l'amour reviendra me reprendre si elle a pitié, parce que j'ai pitié de moi. Oh combien j'ai pitié...
Je me relis et je me rend compte que cette lettre ne changera rien, comme toutes les autres. Les gens qui croient que les mots arrangent tout ont tort. Ils ne font que ressasser et rappeler à un présent bien arrangé des souvenirs qui sont nécéssaires, ceux qui nous hantent, qui nous retiennent parce que nous n'arrivons pas à avancer. Je pense qu'il est difficile d'admettre que plus personne ne viendra nous chercher là où nous sommes. Surtout quand cet endroit nous parait innaccessible. Je pense que le courage se trouve en nous, l'amour à ce tort là de vouloir que ce soit toujours l'autre notre héros, alors que le héros devrait naitre en nous à chaque rencontre pour nous protéger des désastres éventuelles. Mon ami, ne me blâmer pas une nouvelle fois en lisant ça : je pense que vous écrire me tue à petit feu. Je pense que finalement ce n'est pas ma personne que je tue mais cette lâche partie de moi qui refuse d'avancer sans vous parce qu'elle a peur de ne pas être à la hauteur. Est ce alors cela qu'on appelle l'amour ? Cette peur d'avancer sans l'autre parce qu'on sent qu'il nous est devenu nécessaire ? Où la peur d'échouer sans l'influence de personne ?
Une autre question : le sort qui fait que nous croyons si fort que deux personnes sont destinées s'annule t il quand l'une des deux rie de cette idée ? Parce que si c'est le cas, je pense que je n'ai pas encore trouvé ce qui me manque et que vous n'êtes pas cela. Et c'est bien dommage ! Et c'est horrible et immorale ! C'est contre nature ! Mais c'est sans doute nécessaire pour tout ce que j'ai entreprie. Je pense que la fin arrive. Je pense que j'ai fini d'y croire il y a bien longtemps mais qu'il me fallait une énième lettre pour m'en rendre compte. J'ai lu un jour quelque part, que nous ne sommes fait que de ceux que nous aimons. Et je vous ai aimé. Et je vous aime pour avoir fait de moi ce que je suis devenu à vos cotés. Mais faut il croire que j'étais destiné à une telle peine, quelle me prendrait et qu'elle me laisserait comme morte sur le sol. Vous me manquez chaque jour mais j'ai bien peur de devoir abandonner. Vous écrire me fait me rendre compte, mon ami, mon amant, que je suis seule depuis trop longtemps. Que je vous attend en vain. Que je devrais même arreter d'écrire cette lettre pour me lever et partir. Vous me manquerez, tous les jours que Dieu fera vous manquerez à mon âme mais je ne peux pas rester plus longtemps sous votre coupe, je ne peux espérer plus que ce qu'il ne m'est permis d'espérer. Je vais tenter une dernière fois de sauver ma peau et mon âme. Je bute sur les mots. Je pense que ma lettre s'achève ici, dois je donner la parole à plus grand que moi pour la conclure ? "Dites ces mots "ma vie" et retenez vos larmes"
Je pense que l'amour se nourrit du manque et que je suis bien assez rassasié. Je pense qu'il demande des concessions; qu'il veut qu'on y laisse bien plus que notre coeur. C'est un poison. Il veut votre coeur, ensuite il prend votre âme, et pour moins souffrir vous finissez par y laisser des marques sur votre corps. Parce que c'est le seul moyen de s'échapper et qu'il n'y a plus que cela qui parle après les mots. Je vous ai vu tant de fois me dire que j'étais bien sotte de croire en tout sauf en vous, finalement je ne crois plus en rien et me voilà seule dans le noir une autre nuit. Parce que le peu de fois que je vous croise, tous les endroits ressemblent à un bal masqué. Et chaque fois que vous reprenez vos traits pour me parler je vois la fatigue, l'ennui, le manque.
Mon ami, entendez bien que plus rien ne vous réunira à personne parce que vous n'avez plus confiance en vous. Tout ça est bien injuste pour moi qui n'ai fait que tendre la main pour aider. Où es mon âme et où va mon coeur ? L'avez vous simplement croisé une fois ? Parce que je me sens si seule que je me demande si je ne l'ai jamais que trop été. Rappelez vous quand vous etiez enfant, quand vous saviez que votre mère etait dans la pièce d'à coté mais que vous sentiez que le monde s'écroulait parce que l'endroit où vous vous trouviez était sombre et apeurant. Je vis là. Si vous me cherchez, je vis là. Dans cette endroit sombre et apeurant où vous avez passez vos jeunes années. J'attend, peut etre que l'innocence de l'amour reviendra me reprendre si elle a pitié, parce que j'ai pitié de moi. Oh combien j'ai pitié...
Je me relis et je me rend compte que cette lettre ne changera rien, comme toutes les autres. Les gens qui croient que les mots arrangent tout ont tort. Ils ne font que ressasser et rappeler à un présent bien arrangé des souvenirs qui sont nécéssaires, ceux qui nous hantent, qui nous retiennent parce que nous n'arrivons pas à avancer. Je pense qu'il est difficile d'admettre que plus personne ne viendra nous chercher là où nous sommes. Surtout quand cet endroit nous parait innaccessible. Je pense que le courage se trouve en nous, l'amour à ce tort là de vouloir que ce soit toujours l'autre notre héros, alors que le héros devrait naitre en nous à chaque rencontre pour nous protéger des désastres éventuelles. Mon ami, ne me blâmer pas une nouvelle fois en lisant ça : je pense que vous écrire me tue à petit feu. Je pense que finalement ce n'est pas ma personne que je tue mais cette lâche partie de moi qui refuse d'avancer sans vous parce qu'elle a peur de ne pas être à la hauteur. Est ce alors cela qu'on appelle l'amour ? Cette peur d'avancer sans l'autre parce qu'on sent qu'il nous est devenu nécessaire ? Où la peur d'échouer sans l'influence de personne ?
Une autre question : le sort qui fait que nous croyons si fort que deux personnes sont destinées s'annule t il quand l'une des deux rie de cette idée ? Parce que si c'est le cas, je pense que je n'ai pas encore trouvé ce qui me manque et que vous n'êtes pas cela. Et c'est bien dommage ! Et c'est horrible et immorale ! C'est contre nature ! Mais c'est sans doute nécessaire pour tout ce que j'ai entreprie. Je pense que la fin arrive. Je pense que j'ai fini d'y croire il y a bien longtemps mais qu'il me fallait une énième lettre pour m'en rendre compte. J'ai lu un jour quelque part, que nous ne sommes fait que de ceux que nous aimons. Et je vous ai aimé. Et je vous aime pour avoir fait de moi ce que je suis devenu à vos cotés. Mais faut il croire que j'étais destiné à une telle peine, quelle me prendrait et qu'elle me laisserait comme morte sur le sol. Vous me manquez chaque jour mais j'ai bien peur de devoir abandonner. Vous écrire me fait me rendre compte, mon ami, mon amant, que je suis seule depuis trop longtemps. Que je vous attend en vain. Que je devrais même arreter d'écrire cette lettre pour me lever et partir. Vous me manquerez, tous les jours que Dieu fera vous manquerez à mon âme mais je ne peux pas rester plus longtemps sous votre coupe, je ne peux espérer plus que ce qu'il ne m'est permis d'espérer. Je vais tenter une dernière fois de sauver ma peau et mon âme. Je bute sur les mots. Je pense que ma lettre s'achève ici, dois je donner la parole à plus grand que moi pour la conclure ? "Dites ces mots "ma vie" et retenez vos larmes"


